Gilbert Roux

Artiste peintre, créateur

Peinture et musique : Trois peintres et un guitariste à l’Ame-Lierre

 

L’Ame-Lierre est un endroit à part dans le vaste ensemble de la Chartreuse du Val de Bénédiction, à Villeneuve. Jeu de mots subtil sur cette cave gothique, rue de l’Amelier (à gauche avant le grand portail baroque de l’allée des Mûriers).

Nous avons connu à cet endroit des fortunes, diverses : une « taverne » à l’ancienne et un lieu théâtral. C’est là que le Chêne Noir de Gérard Gelas commença une carrière mouvementée avec « La paillasse aux seins nus » interdite par la municipalité. C’était… il y a déjà longtemps.

Avec un acharnement qui ressemble à l’amour, Ned Cordas essaye de faire rayonner l’endroit, les arcs médiévaux arrachés à la terre et à l’ordure : l’Ame-Lierre !

« J’ai voulu maintenant créer une sorte de galerie de peintures pour les inconnus de la Chartreuse et d’ailleurs… »

Il prévoit une « rotation » d’œuvres tous les quinze jours.

Pour commencer trois artistes, tous de la Chartreuse et tout d’abord Cordas, le maitre de maison. Quelques toiles où passe on ne sait quelle nostalgie mais surtout une suite étonnante de dessins. Des dessins parfois terribles, décapants et comme liés par essence à de l’humour quelque part et de la poésie nécessairement.

 

Puis les toiles de Roux peintre à ses heures et maçons à. (beaucoup) d’autres.

La générosité de la matière, la sobriété d’une palette qui se veut discrète et lumineuse donnent à ses natures-mortes un charme évident.

Enfin, deux toiles de Jean-Louis Chavaux qui lui aussi habite la Chartreuse. Une technique éprouvée. Des abstractions qui n’en sont pas vraiment. Quelque chose de très fort qui fait qu’avec simplement deux toiles on reste irrémédiablement sur sa faim. Mais il nous a promis une « véritable » exposition pour l’été. Nous y comptons !

Le soir, un guitariste vient jouer à l’Ame-Lierre. Guitare classique, Espagne de la renaissance, trésors d’harmonie anciennes. Il s’appelle Patrick de Belleville.

Il se passe des choses à l’Ame-Lierre. Bientôt on pourra y dîner. Un café théâtre ? Pourquoi pas : Ned Cordas souhaite que les mots comme les couleurs existent pleinement dans ce lieu privilégié. Une atmosphère étonnante y règne naturellement. L’Ame-Lierre ne peut pas laisser indifférent.

 

Olivier de SERRES.


Edité sous "Articles de presse" le : mars 31st, 2012 à 15 h 00 min.