Gilbert Roux

Artiste peintre, créateur

L’Ame Lierre, un nouveau lieu de rencontre à Villeneuve

 « VAUCLUSE INFO », Avril 1981

Il y a comme ça parfois des coups de cœur qui ne s’expliquent pas. Quand M. Ned Codas a vu cette cave, aux environs de 1967, il s’est dit : j’en ferais quelque chose. Pourtant l’état des lieux étaient lamentables.

Cette cave de soutènement à l’édifice de la Chartreuse n’intéressait personne, trop délabrée, sans sachet vraiment particulier, et de surcroit insalubre, à cause de la proximité de puits perdus.

Pendant des années, elle a été mise en vente. M. Codas l’a acheté pour 5000 F, une misère, qui montre bien le peu d’intérêt porté à cette très grande salle.

Et depuis 1967, M. Ned Cordas and Co, c’est à dire la famille, les amis, à tous les moments de libres ont bossé comme des fous. Véritable travail de titans… Il a d’abord fallu assainir les lieux en creusant des tranchées pour évacuer l’eau, faire tomber les enduits pour reprendre les pierres une à une, refaire les joints, refaire nombre de pans de mur complètement détruits, la toiture, bref ! de quoi s’essouffler.

Les derniers travaux ont été enfin finis et la salle n’est plus reconnaissable, on se rend compte qu’elle est très belle, un air de chapelle.

M. Codas., va enfin pouvoir réaliser ce qu’il avait en tète, faire de cette salle un lieu de rencontre d’un genre particulier. Bien sûr pour amortir les travaux, il a l’intention de louer la salle pour des banquets, mariages, réunions d’affaire. Mais il a surtout envie que les gens qui désirent faire quelque chose se manifestent. Il a en effet dans l’intention de prêter ses murs aux peintres de la région, ces artistes qui travaillent dans l’obscurité et l’anonymat, qui n’osent pas entreprendre par timidité, par manque d’habitude. La seule condition, le seul critère retenu :  la qualité. Un petit jury se formera pour sélectionner les toiles. Ce lieu pourrait être aussi étendu à d’autres formes d’arts, l’expression plastique par exemple.

M. Codas, aimerait aussi, que cette salle qu’il appelle « l’âme lierre », devienne une scène, pour ceux qui ont envie de dire,  montrer ou chanter. Un nouveau lieu de spectacle mais il faudrait que les artistes qui veulent donner un spectacle, organise tout eux mêmes, se prennent en main. Je pourrais servir à l’occasion de relation avec la presse. Pour cette formule je ne louerais pas la salle, mais prendrait un pourcentage sur la recette.

M. Codas., enfin, est content, il pourra laisser quelques chose à ces enfants « gérer une salle comme celle là n’est pas très difficile » dit-il avec un large sourire. Pourtant les choses ne sont pas toujours faciles (sans parler des travaux qui ont apporté leur part de soucis) la Chartreuse elle-même, le C.I.R.C.A., ne voit pas d’un très bon œil ce nouveau lieu de rencontres. M. Codas pour éviter tout malentendu a écrit une lettre au directeur du C.A, pour expliquer son projet. La culture officielle et la culture marginale (marginalisée serait peut être plus exact) apprendront peut être à cohabiter…


Edité sous "Articles de presse" le : mars 25th, 2012 à 17 h 51 min.